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Interview de Thomas Despin

Pendant mon séjour à Bali (Ubud), le 29 janvier 2019, j’ai eu le plaisir d’interviewer Thomas Despin que j’ai connu à Bordeaux. Portrait de cet entrepreneur hors du commun avec au programme Startup Cycling, Hustlers Villa et Reconnect !

Startup Cycling en Europe

Philippe
J’ai le plaisir de rencontrer Thomas DESPIN à la Hustlers Villa d’Ubud (Bali). Avec Thomas, on se connait depuis 2014. En avril 2015, Thomas préparait et partait pour un tour d’Europe en vélo, sans assistance, à la découverte des startups. Est-ce que tu peux nous faire un petit résumé de cette expérience ? Qu’est-ce que tu as retiré de ce périple ?

Thomas
Il y a trois ans, je partais sur mon vélo à la rencontre des startups. Cette aventure s’appelait «Startup cycling». Ça m’était un peu venu comme ça : j’ai pris un vélo et tout l’équipement dont j’avais besoin; j’avais 400 euros sur mon compte; et je suis parti à l’aventure!

J’ai traversé 18 pays, parcouru à peu près 12000 kilomètres à la rencontre des dizaines de startups. J’ai dormi dans des endroits improbables et à la belle étoile.

Philippe
Des pays scandinaves, tu es redescendu dans les pays de l’Est et tu as abouti à Budapest. Là-bas, tu as eu une première expérience qui, je pense, t’a servi par après?

Startup House à Budapest

Thomas
Je venais de traverser la Pologne du nord au sud, la Slovaquie et une partie de la Hongrie jusqu’à Budapest. Il faisait très froid, il neigeait et j’avais besoin d’argent. Du coup, j’ai organisé un Startup House à Budapest. Je voulais inviter une vingtaine d’entrepreneurs à vivre tous ensemble dans le même appartement.

Philippe
Vous étiez deux collègues, vous avez loué l’appartement et vous avez lancé un site Web. Les gens, vous les avez attirés à travers ce site?

Thomas
Oui, c’est ça. Le matin je faisais le site Web et lui, depuis Paris, il essayait d’appeler les gens pour les faire venir.

Philippe
On peut dire que c’est un premier retour d’expérience qui t’a servi dans ce que tu fais aujourd’hui?

Thomas
Oui, ça m’a servi. Après, c’était complètement improvisé! Je ne sais toujours pas pourquoi les gens sont venus, on a passé de beaux moments. Et je suis encore en contact avec beaucoup d’entre eux.

Startup Cycling aux USA

Philippe
Tu poursuis ton voyage aux States. Tu démontes ton vélo, tu le mets dans un colis pour être embarqué dans l’avion et tu le remontes à Miami. De cette expérience aux USA, qu’est-ce que tu retiens ?

Thomas
J’en retiens que je ne vivrais pas aux USA. C’était sympa pour quatre mois. De Miami, je suis allé à New York, aux chutes du Niagara pour arriver àToronto.

Philippe
Si tu devais me citer une personne en Europe et aux États-Unis qui t’a marqué dans les startups ou les entreprises du numérique, ce serait qui?

Thomas
Ce qui est intéressant. Si le projet était d’aller à la rencontre des startups, les gens qui m’ont le plus marqué n’étaient pas celles-ci.

Philippe
C’était les gens accueillants?

Thomas
Les gens dont je me rappelle le plus, ce sont ceux qui m’ont hébergé, qui m’ont aidé quand j’étais en galère avec mon vélo, des gens qui se sont arrêtés et qui m’ont invité au resto.

De Toronto à Bali

Philippe
On ne peut pas oublier une chose, c’est que tu avais prévu de voyager avec 7 euros par jour. Tu arrives à Toronto. Et qu’est-ce qui se passe à là-bas? Comment est-ce que tu as abouti ici à Bali?

Thomas
Quand je réfléchis aux deux grands changements de trajet que j’ai fait

  • A Budapest, j’étais censé continuer vers l’est et au final je me suis dit «non je vais aller à Miami»,
  • A Toronto où j’étais censé repartir à San Francisco et je suis allé à Bali…

Il y a une même constance, la température!

Il faisait froid. Je suis passé de -5° à Budapest à 25° à Miami. Je suis remonté jusqu’à New York où il faisait un plus froid. Arrivé à Toronto, de nouveau de la neige.

2 choses sont arrivées :

  • La première, j’étais vraiment court en cash.
  • La deuxième, je commençais à être short sur mon visa.

D’habitude ce que je fais, c’est que je m’arrête, je fais des sites web ou du copywriting, etc. Une fois que j’ai un peu plus de cash de côté, je continue à voyager.

Comme j’étais court sur mon visa et qu’il faut aller dans un pays qui n’est pas frontalier aux USA pour le renouveler. Je me suis dit «c’est quoi l’endroit où je veux aller, où il fait chaud, où j’ai toujours rêvé d’aller. Où je ne suis jamais allé et que j’irais un jour».

Et là, Bali m’est venue en tête. J’en avais entendu parler dans le livre «L’homme qui voulait être heureux» de Laurent Gounelle et la chaleur qu’il y fait !

Startup Cycling à Bali

Philippe
Tu pars de Toronto et tu atterris à Bali en avril 2016. Tu découvres Bali et tu te perds?

Thomas
Je me suis perdu à Ubud! Dans le premier mois que j’ai passé ici, je suis tombé malade (j’ai fait une intoxication alimentaire). Dans le même temps, je me suis fait « scammer » (escroqué) ma carte sur un distributeur. J’ai perdu le peu de réserve que j’avais, qui était censé être nécessaire pour vivre à Bali. J’ai perdu le peu d’argent qui me restait.

Philippe
Tu te retrouves ruiné à Bali. On te propose du travail?

Thomas
Ca ne s’est pas passé facilement! Je me suis retrouvé avec 150€. Deux mois, après, je n’avais plus d’argent et plus de toit, plus rien à manger.

J’ai été hébergé et nourri gratuitement durant un mois par une famille balinaise. En échange, je les aidais avec leur business.

Pendant ce mois-là, des types m’ont offert un job de copywriting. J’écrivais des textes pour des sites web en anglais. Je vivais au jour le jour. La raison pour laquelle je ne partais pas de Bali, je n’avais plus les moyens!

Philippe
À ce moment-là, avec un pote de Paris, en décembre 2016, tu montes un site e-commerce basé sur le dropshipping. En 2017, tu commences à gagner de l’argent et en 2018 tu arrives dans une villa. Tu crées le concept de Hustlers Villa?

Hustlers Villa

Thomas
Je suis arrivé février 2018. J’ai créé ce concept après.

Philippe
Hustlers Villa fête sa première année d’existence. Ce projet est arrivé comment, tu l’avais en tête?

Thomas
Ça m’est venu quand je bossais sur le e-commerce depuis mon laptop. J’étais un peu tout seul comme un «idiot» chez moi.

Ma vie sociale se résumait à pas grand-chose. Les gens que je rencontrais ne venaient pas toujours pour bosser. Ils étaient plus en mode «aller boire un coup et aller en boîte», etc. J’étais un peu dans une atmosphère où je me sentais à la limite coupable de bosser.

On avait un site qui générait plus de 100 k par mois et il fallait bosser. Je me suis dit ce serait cool de vivre avec des personnes qui bossent en étant dans un environnement incroyable.

Philippe
Et le concept est né comme ça?

Thomas
L’idée était vraiment de commencer à juste louer une villa et juste y vivre avec deux types.

Concept

Philippe
Ce n’était pas un concept commercial dés le départ?

Thomas
J’ai vu qu’il y avait beaucoup d’intérêts : moi je savais que je voulais rester sur le long terme et les gens y venaient tous les mois. De fil en aiguille, j’ai dû avoir du staff

Philippe
Tu crées la marque, le site et la centrale de réservation. Et aujourd’hui, c’est un concept qui marche bien. Ça fait un an qu’il fonctionne. Tu as une file d’attente au niveau des réservations. Ils viennent pour quoi ?

Thomas
Ce qui fait que les gens viennent, c’est l’effet de communauté. Ils savent qu’ils vont être dans un endroit avec d’autres personnes qui sont dans le même mindset « Je vis à Bali et je travaille ». C’est pour ça qu’on accepte principalement des gens qui sont déjà en train de bosser sur un projet et pas de touristes.

Communauté Hustlers Villa

Philippe
Il y a de belles histoires qui sont arrivées ici. Peut-être de belles associations de personnes se sont créées ? Tous les dimanches, non seulement les gens de la villa et de Bali se réunissent. Tu appelles ça comment ?

Thomas
Le business brunch!

Coworking Hustlers Villa

Philippe
Hustlers Villa, ça fonctionne. Après an, une nouvelle idée : le coworking. Tu développes ce nouvel espace de travail à Ubud et en même temps, tu as deux autres projets. On va parler du premier, c’est de développer une marque de café balinaise?

Thomas
La marque, c’est Bali Beans. Ce n’est pas moi qui ai créé la marque, c’est une association. Je les ai rejoint en tant qu’associé. Je m’occupe de toute la partie branding, marketing digital, e-commerce, réseaux sociaux, etc.

Philippe
Ça te fait pas mal de boulot déjà avec le développement du coworking à Ubud?

Thomas
Le coworking, c’est comme la villa. On a installé le coworking en une dizaine de jours à partir du moment où on a eu l’idée. C’est à petite échelle. Ce sont des projets qui vont vite. On a une idée, on l’implémente pour voir comment les gens interagissent.

Le café c’est beaucoup plus à long terme. Bali Beans fait ce café depuis 1980. Ce sont les premiers à faire du direct trade avec du specialty coffee, c’est du 100 % organic. C’est de l’excellent café. On cherche des distributeurs en France, à Londres et dans d’autres pays européens.

Hustlers Villa avec Philippe WEICKMANN

Reconnect

Philippe
Le projet qui te tient encore plus à cœur aujourd’hui, c’est Reconnect! L’an passé, tu a eu une opportunité incroyable, celle d’acheter une partie d’île où il n’y a personne. Tu as pu l’acquérir grâce au soutien de quelques personnes de ton entourage. Tu es devenu propriétaire d’une île. Un beau projet qui a naître dans les années 2020. Tu peux nous parler de Reconnect?

Thomas
Le projet s’appelle Reconnect. On veut développer une partie de cette île de façon 100 % sustainable. On a un projet de développement à base de matériaux en bambou et en bois. L’idée, c’est de créer un « resort» à la fois luxueux et sustainable. Ce que l’on entend par «sustainable», c’est :

  • Pour la partie énergétique: de l’énergie renouvelable,
  • Au niveau logistique: ça va être d’utiliser un bateau 100 % solaire,
  • Dans le recyclage des eaux usées : créer un système de permaculture où on va réutiliser les eaux usées après les avoir infiltrées avec des bactéries et produire notre propre nourriture,…

Ce que l’on propose aux gens c’est de venir sous forme de retraite d’une semaine, deux semaines, pour se reconnecter. C’est la reconnexion à soi, la reconnexion aux autres et la reconnexion à la nature. Aller voir les dauphins, faire du yoga, faire de la plongée, se retrouver ensemble, faire des feux de camp… Et tout ça, sur une île privée, avec le WiFi régulé.

Une île

Philippe
Ce projet est déjà une réalité aujourd’hui. Tu as acheté cette partie de l’île. Les plans sont en cours, Reconnect verra le jour bientôt?

Thomas
On a le terrain, on a les licences d’exploitation, on a l’accord du ministère du Tourisme pour exploiter l’île, on a les architectes qui sont en train de terminer les plans. On commence à construire l’équipe. Les investisseurs pour Reconnect tapent à la porte…

Philippe
Reconnect verra le jour normalement courant 2020. C’est fabuleux je trouve que ça fait rêver! A savoir que l’île est à une demi-heure de bateau de l’aéroport le plus proche?

Thomas
Ça, c’est la condition idéale pour séjourner sur l’île! Dans la même région, il y a 58 autres îles. Les gens qui vont sur les autres, prennent un bateau qui met environ 7 heures pour arriver.

Philippe
Amis plongeurs, amis de la nature, toutes les personnes qui veulent du calme et se reconnecter, venez à Reconnect ! Mon cher Thomas, c’était très gentil de me consacrer cette petite heure. On se revoit l’année prochaine sur l’île et en juin en France…

Pour ceux que ça intéresse et qui possède l’état d’esprit pour participer à ce projet, voici le dossier Reconnect.

De Startup Cycling à Reconnect

par Philippe Weickmann temps de lecture: 9 min

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