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Qu’est ce que la bienveillance dans ce monde moderne qui se caractérise, entre autres, par un individualisme forcené, hédoniste, refusant les contraintes, voire les règles qui président au bien vivre-ensemble.

La morale, d’hier à aujourd’hui

Avant de parler de bienveillance, la base de la morale était jadis dictée par la religion. Les philosophes des Lumières n’ont eu de cesse, au XVIIIe siècle, de mettre en cause la religion comme base de la morale.

Au XIXe siècle, le philosophe et homme politique Ferdinand Buisson, auteur de La foi laïque, proposait une morale indépendante. L’irrationnel de la morale indépendante ne tient pas à ses limites mais à l’infini de son arbitraire. Car la morale ne peut se justifier par elle- même.

Depuis ce temps, l’impératif du devoir bat de l’aile, emporté par une société de consommation dont les désirs sont stimulés par les Raminagrobis du marketing qui ont chosifié la population en la «saucissonnant» en segments de marchés.

La culture contemporaine célèbre l’ego, le présent, la licence qu’elle désigne du nom usurpé de liberté. La société moderne est d’autre part fondée sur la valeur absolue de l’individu qui aspire au limogeage des contraintes et des exigences morales.

De la morale à l’éthique

Les actes d’un individu ou d’un groupe humain se répartissent en deux catégories:

  • Ceux qui relèvent du droit d’une part,
  • et d’autre part ceux de la dynamique éthique.

Les comportements individuels et sociaux en regard des normes se placent sous le signe de la licéité (conforme à la loi) ou de l’interdit, donc du droit, qui fait qu’un acte est moral ou pas.

Ce qui, de ce point de vue, donne à la morale sa caractéristique obligatoire, marquée par des règles, des obligations, des interdictions.

Ainsi la morale est-elle caractérisée par deux choses à la fois: elle doit pouvoir s’adresser à tout le monde, c’est son exigence d’universalité, et tout le monde ne peut pas faire n’importe quoi, c’est sa caractéristique d’effet de contrainte.

Ce qui est à distinguer des actes, autorisés certes, mais qui sont spécifiques en tant qu’ils s’accomplissent sous le signe d’actions estimées bonnes. On range ces actes dans la catégorie de l’éthique. L’éthique c’est la visée dynamique d’une vie accomplie sous le signe d’actions estimées bonnes.

L’éthique c’est encore l’acte de penser l’homme co-partenaire d’un monde qui ne se fera pas sans lui, jamais sans son désir, sans ses espérances et ses intérêts.

Entre ce qui se fait, selon la norme ou dans le sillage des pratiques sociales, et ce qui est à faire, s’intercale l’espace éthique. L’éthique s’exerce dans le concret des situations, elle a donc a une portée sociale. L’éthique vise à rendre la vie sociale plus humaine.

Sur quoi s’établit le lien social?

Le lien social qui s’établit dans un groupe célèbre moins l’estime sociale qui s’adresse à la valeur personnelle, que la bienveillance qui paraît alors une autre source de la reconnaissance.

Dans les sociétés archaïques chaque homme entend se faire reconnaître d’autrui en fonction de ses capacités grâce à des échanges de dons réciproques rendus possibles par une bienveillance naturelle.

La question se pose alors de savoir si le lien social ne se constitue que dans la lutte pour la reconnaissance, ou s’il n’y a pas aussi, en amont, une sorte de bienveillance liée à la similitude d’homme à homme dans le groupe humain.

De la bienveillance

La logique de l’échange de dons est une logique de réciprocité qui crée la mutualité, plutôt que «l’amitié». La mutualité génère cependant des sentiments qui sont comme la résultante de l’interaction de la bienveillance de chacun pour l’autre.

Dans le cadre d’une économie de libre- échange et de concurrence, où règne le pouvoir de domination des uns sur les autres, chacun en appelle à la bienveillance en espérant inaugurer une réciprocité positive. Aristote observait une bienveillance naturelle, qu’il désignait de similitude entre les membres d’une même espèce.

La question qui surgit est de savoir comment cette bienveillance peut donner naissance au partenariat, à l’amitié commune, ou même au respect.

Nous avons peut-être ici l’indice d’un rapport primitif à la source du lien social entre la défiance de la guerre de tous contre tous et la bienveillance que suscite la rencontre de l’autre humain, «le semblable».

C’est de la relativisation de ces deux perspectives contraires que surgit l’opportunité de dépasser la situation indécise à laquelle elles conduisent, par une parole qui, dite par l’un, redite par autrui, a pour les uns un sens complémentaire du sens qu’elle a pour les autres, ou même une valeur commune.

La confiance : un concept éthique

Il fut un temps, récent, où des cabinets conseil en communication et en gestion formaient leurs clients au retard puis au non règlement de leurs factures. Il n’a pas fallu longtemps pour apercevoir qu’on éliminait aussitôt le capital «confiance» qui préside à toute relation commerciale. La confiance traduit la posture d’une entreprise qui croit que son partenaire d’échange (fournisseur ou client) est honnête et/ou bienveillant. La confiance est liée à cette croyance en la fiabilité du partenaire, lequel subordonne son intérêt personnel, voire égoïste, en vue d’un gain commun à terme.

Avoir confiance c’est compter sur autrui, parfois prendre des risques, en vue d’un objectif. La confiance a bien évidemment un corollaire, c’est le risque. Toute relation d’affaires est par nature marquée par un mélange ambigu de rivalité et de coopération. La notion de confiance est par essence bilatérale, où la coopération s’établit sur des intérêts mutuels.

La confiance produit du fruit partagé, pour soi et pour autrui.

  • Elle se présente comme la face individuelle de la civilité, rend digne celui qui l’honore.
  • La confiance vient en surabondance de la logique d’équivalence qui préside au droit.
  • Elle donne du futur à la mémoire.
  • Confiance se forge avec le temps et l’expérience.

Gérard LEROY – Questions en Partage

Ce texte car pour pratiquer un Social Selling éthique, la bienveillance est de mise.

Et pour terminer une infographie sur la bienveillance au travail par Life Augmented

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