Utiliser le Design Sprint, c’est se mettre une contrainte temporelle permettant de résoudre bien des problèmes, d’être plus créatifs, plus innovants, plus efficaces pour trouver les solutions les plus rapides pour parvenir à un objectif et tester au plus vite des idées auprès d’utilisateurs. C’est une méthode qui s’inspire des grands principes du lean startup et du design thinking. Avec le Design Sprint, vous avez cinq jours maximum pour construire un prototype utilisable par vos utilisateurs.

La promesse du Design Sprint, c’est qu’une équipe pluridisciplinaire résout une problématique complexe en moins de cinq jours et ceci avec les moyens du bord. Il n’y a pas besoin de lancer une usine à gaz, pas besoin d’équipement impossible. On peut le faire même au fond d’un garage tant qu’on a une équipe motivée et qu’on a bien travaillé.

La préparation du Design Sprint

Le temps de préparation pour préparer un Design Sprint est crucial. De toutes les façons, on est une équipe mobilisée pour une problématique complexe.

C’est assez rare qu’on parte de zéro mais ça arrive. Pour commencer, on doit mettre en place un périmètre, c’est fondamental. Et dans ce périmètre, on va avoir toute la notion de budget, de temps, etc… mais aussi on va chercher tout ce qui a déjà été testé en interne et ce que le donneur d’ordres peut avoir en tête pour ne surtout pas aller dans une direction qu’il n’a pas forcément verbalisé. Et puis on va bien sûr travailler toutes les sources de connaissance et de compréhension des utilisateurs finaux, la problématique avec les contraintes internes externes, la concurrence,…

On va s’inspirer et travailler à partir de datas, de personnes, d’acquis divers et variés.

Constituer une équipe Design Sprint

On questionne pour connaître la motivation de chacun et n va interviewer beaucoup plus de personnes que le nombre prévu puisque l’équipe est constituée idéalement de sept participants. En dessous de quatre, il n’y a pas assez de profils pour créer cette dynamique et cette intelligence collective. Au delà de dix, les mises en commun prennent trop de temps et le gain en richesse de profils ne joue plus.

Donc l’idéal c’est entre 4 et 10 participants.

On a besoin dans cette équipe de compétences métier différentes. Il n’est pas nécessaire que tout le monde s’entendent bien, soit bienveillants avec la problématique ou avec la dynamique interne mais qu’ils aient tous cette envie de résoudre une problématique. On essaie d’avoir des profils variés, des âges différents, des expériences différentes, sans parler encore une fois de compétences métier différentes. Dans le lot, il faut que quelqu’un ait cette fibre d’expérience utilisateur.

Idéalement, il faut aussi qu’il y ait le porteur de la solution en interne. On a besoin entre autre de gens qui soient au plus proche des clients, mais aussi parfois, on a besoin de techniciens. De toute façon, il n’y a pas d’équipe type qu’on va répliquer à chaque fois mais une richesse à la fois de personnes et à la fois de compétences métiers. Parmi toutes ces interviews, on construit avec le donneur d’ordres et on identifie qui va faire partie de l’équipe.

Parfois, le donneur d’ordres fait partie des participants et une des forces de de cette méthode, c’est qu’il n’y a pas de différence hiérarchique qui se ressent dans l’équipe Design Sprint, tout le monde est au même niveau. Il y a une expression qui s’appelle « travailler seul ensemble » qu’on utilise à chaque exercice: tout le monde produit individuellement et met en commun.

Le responsable hiérarchique va peut être se sentir un peu déstabilisé au départ parce qu’il devrait normalement produire plus que les autres. Le donneur d’ordres est comme n’importe quel autres participants. S’il n’est pas dans l’équipe, on nomme ce qu’on appelle un décideur. C’est celui qui est garant que les décisions prises pendant le Design Sprint sont cohérentes, correspondent au périmètre et aux attentes de l’entreprise. Il a donc le droit de contacter son donneur d’ordres afin de vérifier qu’on avance dans la bonne direction.

Les 5 étapes du Design Sprint

  1. La première étape est l’étape de compréhension, on met tout à plat, on enlève les fausses croyances et les idées préconçues, on essaie d’obtenir des discours éclairants. On peut aussi avoir des témoignages de choses qui ont été déjà tentée, expérimentée ailleurs, soit par un client ou par des utilisateurs finaux.

    Quelle que soit la maturité de l’équipe, que ce soit une jeune startup, des associés ou un grand groupe, on doit mettre à plat le vocabulaire. On comprend du coup quelles problématiques ils rencontraient et quelles étaient les solutions qui étaient à portée de main. On a donc une vision claire avec un vocabulaire commun.
  2. Pendant la deuxième étape, on établit les actions de façon classique. On va d’abord s’inspirer des bonnes idées. Ensuite, on va faire preuve de créativité. Les idées vont fuser et ensuite on va commencer à esquisser notre hypothèse de solution.
  3. A la troisième étape, qu’on appelle la table de décision, l’équipe va choisir quelle est l’hypothèse qu’elle a envie de construire, celle dans laquelle elle croit le plus fort pour résoudre la problématique. Dans cette étape, il y a la plupart du temps une espèce de consensus naturel vu qu’il y a eu ces allers retours pour travailler seul ensemble.

    On observe naturellement que l’équipe va dans la même direction. Mais parfois, on doit vraiment choisir et c’est là que rentrent les critiques expresses. Dans un Design Sprint, il y a de la critique constructive, avec plein de jeux de cartes thermiques* et c’est le décideur qui peut dire si on hésite entre deux hypothèses, moi c’est celle-là qu’on sélectionne, compte tenu du périmètre.
  4. Lors de la quatrième étape, on se lance dans la fabrication du prototype de la proposition de valeur et de l’hypothèse. On n’a que 24h pour prototyper avec les moyens du bord. Soit la problématique est une réorganisation par exemple en interne, on va par exemple construire un nouvel organigramme et une nouvelle feuille de route.

    On doit pouvoir raconter une histoire autour de ça. Ca peut être aussi l’agencement d’un lieu et donc là, on utilise de la signalétique en carton. Mais ça peut être une application qui peut être soit esquissée au crayon, soit si on a les ressources, ça peut être une vraie maquette interactive avec des outils. Dans tous les cas, on n’a que 24h.
  5. Et la cinquième étape, c’est justement la confrontation avec les utilisateurs. Dans la matinée, on enchaîne les cinq interviews des 5 utilisateurs et dans l’après-midi, on va décortiquer tous les feedback utilisateurs, travailler sur le storyboard qui a été construit et sur le prototype pour voir effectivement ce qu’on peut améliorer, faire évoluer et confirmer.

    Parfois, ce n’est tout simplement pas la bonne hypothèse de solution qui a été choisie et donc on décide de la prochaine action. A ce moment là, on retourne à l’étape numéro trois au moment de la décision de l’équipe, du choix de l’hypothèse et on en prend une autre et on recommence : je construis, je prototype et je propose à nouveau aux utilisateurs.

La richesse du Design Sprint

Ce qui est fantastique avec un Design Spring, c’est que toute l’équipe en ressort totalement engagée et possède cette volonté de résoudre la problématique. Même si il n’y a pas de confirmation que c’est la bonne hypothèse de solution, il y a rarement une équipe déçue. On trouve toujours une équipe hyper fière du travail accompli et d’avoir parfaitement réussi à maîtriser la problématique et la compréhension de ses utilisateurs finaux. Il en ressort une motivation, une envie d’innover qui est formidable.

Différence entre un design sprint et un design thinking

C’est différent et tout en étant similaire. Le design thinking, c’est l’université de Stanford avec la DEA School de Stanford, et les designers de Google ont toujours travaillé les projets innovants à partir du design thinking parce que c’était centré utilisateur, on travaille de façon itérative, collaborative en favorisant l’intelligence collective. Sauf qu’ils ont souhaité aller plus vite.

Ce n’est pas pour le plaisir d’accélérer, ni pour être les premiers à tout prix. C’est plus vite pour qu’effectivement on puisse confronter son hypothèse de solution avec une problématique complexe. On est d’une part jamais sûr d’avoir une bonne ou une bonne solution et d’autre part, il peut y en avoir plusieurs.

Donc il faut confronter le projet le plus vite possible auprès des utilisateurs finaux pour confirmer cette hypothèse. Et ça évite du coup tous les gaspillages en énergie, en temps, en argent. Pour le Design Sprint, on a gardé la structure, les étapes même du design thinking, on parle souvent de la forme en diamant avec cette ouverture pour bien comprendre au maximum la problématique, donc l’étape de compréhension, on referme pour reformuler une problématique plus précise et on réouvre pour aller chercher toutes les sources d’inspiration et toutes les bonnes idées possibles imaginables.

On va construire en refermant, on va sélectionner une hypothèse et on va la mener jusqu’au proto pour pour la confronter auprès des utilisateurs finaux. Ils ont voulu aller plus vite et donc ils ont pris le design thinking, ils ont sélectionné ce qu’ils estiment le plus efficace, ils l’ont enrichi de lean et d’agile et ensuite ils ont conçu le design. C’est structuré d’une telle façon qu’on gagne énormément en efficacité.

Une formation Design Sprint éligible au CPF

Pour les personnes intéressées, Experteez a l’autorisation par France Compétences de certifier officiellement nos candidats à notre formation Design Sprint. On a aussi créé depuis quelques années une académie, on continue donc d’apprendre avec les spring master qu’on a formé et certifiés avec beaucoup de partage, d’expérience. Donc la formation Design Sprint est éligible au CPF.

* jeux de cartes thermiques: Vu qu’il n’y a pas de débat, on expose des critiques express et on sélectionne celles qu’on va critiquer. Pour argumenter, on a besoin de visualiser ce qui questionne et ce qui intéresse. Le que le Design Sprint s’est enrichi de lignes d’agiles, il y a beaucoup de va et vient, de visualisation, d’arguments, de critiques et de ce qui est intéressant. Donc on va créer des jeux de couleurs pour voir quand et sur quoi on va se concentrer.

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